Le pouce ou l'inertie

14 ans sur le pouce, c’est un bail, vous devez me croire! Au-delà de mes penchants écolos, c’est l’argent qui est responsable de la situation.

Lorsque je suis arrivée à St-Julien, je n’avais pas de travail et j’ai décidé d’effectuer un retour aux études. Trop rebelle, j’avais décroché en 1984. Pendant ces six années, je n’ai compté que sur les prêts et bourses pour vivre… Nul besoin de dire que mes revenus étaient maigrichons. Sans transport en commun dans ma région, je n’ai eu d’autres choix que d’utiliser mon pouce pour me déplacer, et ce, non seulement pour mes deux années de Cegep, mais aussi pour mes quatre années à l’Université Laval où j’ai fait mon bac. en histoire.

Lorsque j’ai décroché un emploi à la fin de mes études, j’ai dû rembourser mes prêts étudiants… j’en ai encore pour plusieurs années. Cette mensualité m’empêche de m’offrir une auto, même avec un emploi stable.

Cela dit, même si maintenant je n’en peux plus de ce moyen de transport, pendant longtemps je l’ai apprécié. Par contre, j’en ai entendu de toutes les couleurs! Plusieurs personnes me considéraient courageuse… pour moi, cela n’avait rien à voir; soit je faisais du pouce, soit je restais chez moi à ne rien faire! Les plus radins me lançaient :   « T’en sauves de l’argent! » et je répondais : « Ben oui, je sauve de l’argent que je n’ai pas... »

 

 

Bref! Maintenant, à 42ans, je n’en peux plus! Vivement un mécène! Des volontaires?

 

La pouceuse
© 2010 Fab